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The Sowers

L’exposition The Sowers présente le travail de 26 artistes et se manifeste sous la forme d’un dialogue entre la terre et la trame. Ces deux éléments deviennent un espace de pollinisation croisé entre les rites et les cultures autochtones, l’intelligence de la main et l’esthétique de survie ainsi que la dimension de recyclage afin de mettre en lumière par la matière et son usage, une pluralité de formes, toutes empreintes d’une conscience universelle écologique.

Dans une atmosphère poétique et spirituelle, la fondation s’envisage ici comme un espace communautaire. L’exposition débute autour du paradigme du tissage, travail d’enfantement, révélant, en langage imagé, « l’anatomie mystérieuse de l’homme ». Les matériaux utilisés par les artistes deviennent alors des instruments du destin à l’image des Moires qui filent notre devenir.
L’exposition se poursuit par une installation festive et lumineuse propre à l’imagerie tropicale composée de broderies fantastiques aux paysages exotiques et de sculptures hybrides oscillant entre espace intime et espace public. Ses formes sculpturales s’inspirent du modernisme, de la culture populaire et de moments historiques spécifiques. Ils explorent principalement l’usage poétique des objets et des œuvres utilisables. Enfin, l’espace atelier de la fondation, consacré à la terre, rappelle dans sa forme d’anciens lieux spirituels et s’inspire de l’iconographie de la fertilité. Le sol devient l’hôte des synergies de signes, de croyances, d’énergies et de matériaux partie intégrante d’un « sanctuaire » convoquant le passé et les questions universelles.

 

La terre ou le processus de métamorphose

L’installation de Jasmine Little a été créée à partir d’une formule unique d’argile. Little sculpte directement dans une terre encore humide, puis y incruste des matériaux comme de la porcelaine, du gravier ou des briques de clinker récupérées dans une maison de Pasadena en Californie, là où elle vit. Les œuvres de Little se révèlent iconoclastes, voyageant entre les époques et les mouvements artistiques.
Gabriel Chaile développe un langage visuel également enraciné dans les formes anciennes et modernes, l’artisanat indigène et le plaidoyer social. Pour cette nouvelle série de dessins uniques, son processus de travail aux pigments sur un fond de charbon de bois lui permet d’extraire de l’obscurité des formes mystiques. Le dessin est une composante essentielle, il est un vecteur pictural à ses recherches sur les cultures autochtones d’Amérique du Sud.
Autre manière d’entamer la surface avec le travail d’Angèle Guerre qui interroge la mémoire des textures et du motif, la question du rythme et du mouvement en lacérant ces peaux de cuir colorées de pigment, elle-même recouvertes d’un papier qu’elle entaille, donnant à l’œuvre un aspect tribal. Le travail de performance de Belinda Blignaut se relie directement à la terre. Dans un jeu de va-et-vient corporel, l’artiste incorpore ce qu’elle trouve in situ. Pour l’exposition, Blignaut interprète sa performance Mud rites : « Cet acte est un abandon à la terre où l’art et les rites nous permettent d’exprimer l’intuitif de manière viscérale et visible. Placer mon corps dans la terre parle de transformation, de mort et de renaissance continuelle. »

Ce qui rejoint la série “Landscape” de Fatiha Zemmouri qui semble être découpée dans un sol labouré symbole de renouveau, germe de tous les possibles. Elle est présentée à la verticale donnant tout de suite à ces morceaux de terre une valeur esthétique particulière et ce lien physique que l’on peut avoir avec la sculpture.


Quand la fibre de jute côtoie l’intime de la broderie

L’installation “Daybed Melon Yellow” de Sol Calero met en avant des formes d’art non canoniques, traditionnelles et populaires généralement exclues de l’histoire de l’art occidental. En regardant comment les cultures latino-américaines sont perçues et exportées, son travail s’impose au spectateur en même temps que les processus d’exotisme inhérents à l’imagerie et aux récits de cette autre culture. Au sol, un tapis d’Alexander Marinus, un designer multidisciplinaire avec un fort intérêt pour la relation entre culture, société et nature. Il met en valeur les avantages de la fibre de jute brute, deuxième fibre textile la plus cultivée au monde. Il explore ici les possibilités du chanvre et du lin autrefois cultivés en Belgique.

Posé sur la bibliothèque le travail de broderie d’Anila Rubiku, des pieds colorés chaussés de socques, clind’œil à la culture japonaise dont s’inspire l’artiste. L’artiste partage l’espace avec Raphaël Tiberghien qui conçoit avec humour ses théières comme des structures habitées, un nouveau rapport miniature à l’espace.


L’intelligence de la main, du fil de notre histoire ou Soi tissé

Niyaz Azadikhah est une artiste qui a mené des projets communautaires dans des ateliers de couture pour femmes à Téhéran et dont les images sont systématiquement interdites en Iran. L’artiste utilise la broderie comme moyen d’expression et esquisse des observations, des commentaires gracieux et ironiques sur son quotidien. Ses broderies se métamorphosent et mutent lentement, dérivant doucement sous la forme de plantes émergeant en fleurs épanouies.

Julie Monot va interpréter sa performance Before it was Water : un kimono conçu à la main avec des motifs inspirés de divers types d’organismes unicellulaires. Pliée sur une barre métallique suspendue au plafond, l’œuvre sera portée lors de la réception d’ouverture de l’exposition par un interprète.

C’est toujours le travail de la main qu’explore Desire Moheb-Zandi avec le tissage, ainsi que la dimension derecyclage. L’artiste puise dans la diversité de ses racines culturelles (Turquie, Europe, Iran) et l’observation de sa grand-mère Ouzbek, tisseuse traditionnelle, pour intégrer à la fois son histoire personnelle et unedimension culturelle. Des tubes de néon ramassés à Pontal de Maceio au Brésil au plastique industriel à New York, en passant par des fils de palette composite, de cette combinaison de matières premières et quasiment sans croquis, l’artiste va composer une pièce textile aux gammes chromatiques pop et lumineuses. Couleurs que rejoint l’univers de Julian Farade qui a inventé un point renversé lui permettant de créer ces tapisseries construites d’aplats de couleurs et de formes, sans premier ni second plan. « Les œuvres ne tendent ni vers le bien, ni vers le mal », et pourtant, on y décèle des animaux sauvages, des animaux fantasques issus de l’imagination de l’artiste.

La terre et la trame sont témoins de l’évolution des cultures et des peuples, de leurs patrimoines culturels matériels et immatériels. Si elles permettent de comprendre les gestes des anciens — des contextes rituels aux plus domestiques —, de ces deux natures découle la possession d’un langage symbolique lié à la matière. The Sowers est la mise en tension et le croisement temporel de deux récits, la terre et le tissage : du rituel mystique auquel s’adonne l’artiste, au processus de transformation, ainsi que leurs fonctions au sein du quotidien des hommes. Notre rapport à ces deux éléments est lié à leur dimension mythologique construite par leur présence au sein des cultures du monde et au cœur du quotidien des individus.

Anissa Touati et Nathalie Guiot, commissaires

 

Artistes : Sylvie Auvray (France), Niyaz Azadikhah (Iran), Léna Babinet (France), Belinda Blignaut (Afrique du Sud), Pauline Bonnet (France), Paloma Bosquê (Brésil), Sol Calero (Venezuela), Gabriel Chaile (Argentine), Jasmine Little (États-Unis), Pauline-Rose Dumas (France), Julian Farade (France), Angèle Guerre (France), Alexander Marinus (Belgique, en collaboration avec le MAD Bruxelles), Kristin McKirdy (États-Unis), Hana Miletić (Croatie), Desire Moheb-Zandi (Allemagne), Julie Monot (Suisse), Elise Peroi (France), Jacqueline Surdell (États-Unis), Anila Rubiku (Albanie), Lei Saito (Japon), Livia Spinga (France), Raphaël Tiberghien (France), Lucille Uhlrich (France), Héctor Zamora (Mexique), Fatiha Zemmouri (Maroc)

 

Informations pratiques
Exposition du 9 septembre au 21 novembre 2021
Du mercredi au dimanche, de 14h à 18h et sur rendez-vous
Entrée 7€ / 5€* / Gratuité**
*Demandeurs d’emploi, -26 ans, membres SMART
** Étudiants et enfants de moins de 12 ans
Visites de groupe guidées (8 personnes minimum) : 12€

 

 

PERFORMANCES ET ACTIVATION D’OEUVRES AUTOUR DE L’EXPOSITION

Mercredi 8 Septembre de 16h à 20h
Belinda Blignaut, Mud Rites
Julie Monot, Before it was water, See Double
Léna Babinet, Ce qui reste, Après résonance

Samedi 2 octobre 15h
Julie Monot, See Double
Léna Babinet, Ce qui reste, Après résonance
Elise Peroi, Seuil

Samedi 6 novembre 15h
Léna Babinet, Ce qui reste, Après résonance
Julie Monot, Armor Amor
Elise Peroi, Seuil

 

Pour assurer votre sécurité et respecter les conditions sanitaires, nous avons mis en place les mesures suivantes :

  • Port du masque obligatoire
  • Mise à disposition de gel hydroalcoolique
  • Jauge de l’exposition limitée à 37 personnes


Avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Eeckman art & insurance, Brussels Drawing Week et Maison Ruinart

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