Portrait de Nathalie Guiot, fondatriceLéa Crespi, Portrait de Nathalie Guiot, 2025

La mission

"Ces années de philanthropie m’ont enseignées que les plus grandes ambitions se réalisent avec la force du collectif.  L'art a cette capacité de fertiliser de nouveaux imaginaires pour les générations futures et pour engager des actions"  N.G

Collectionneuse d'art, entrepreneuse et mécène, Nathalie Guiot est également auteure, éditrice et commissaire d'exposition. Dans les années 2000, elle co-fonde Anabet Éditions, puis crée en 2012 Thalie Art Project, association dédiée aux rencontres artistiques et performatives, qui devient fondation en 2014. Engagée pour les récits écologiques et pour un design bio-sourcé, elle est à l'iniative de la création de la Chaire éco-design, fondée en partenariat avec l'École nationale supérieure des Arts Décoratifs de Paris (Ensad) et mécénée par Décathlon dont elle a été membre du comité de transition de 2019 à 2023, formée à l'Institut des Futurs Souhaitables (2021) et à l'Université de Cambridge en stratégie durable pour les entreprises. En 2024, elle lance Aleor Design, studio de création dédié au design biosourcé,  actif désormais sous un format de résidence  et d'éditions limitées. 

  • Membre du Cercle international et du Comité d'acquisition Design du Centre Pompidou (2018-2025)
  • Membre du comité d'acquisition en Arts Visuels du CNAP (2021-2024)
  • Membre du comité scientifique de la Chaire éco-design & création de l'Ensad (2022-2025)
  • Membre du conseil d'administration des Amis de la Collection Lambert à Avignon (2023-2025).
  • Membre du jury de Fluxus Art Project (2025).

Les dates clés

  • 2014: Création de la fondation Thalie  
  • 2018: Ouverture du centre d’art à Bruxelles ; Programmation artistique et culturelle, expositions, résidences d’artistes et d’auteur.es ;  
  • 2020: Lancement du podcast « Créateurs Urgence Climat » ;  en partenariat avec l’ENSAD – (2021-2023) 
  • 2021: Ouverture de la maison d'été Thalie à Arles, maison de drapiers du 18ème au pied des arènes ; Expositions et résidence d'artiste. 
  • 2025: Fermeture du centre d’art à Bruxelles ; Création d'ALEOR DESIGN. Résidence de production et diffusion d'un design bio-sourcé ou bio-inspiré, éditions limitées

Une Collection Vivante

Comment collectionner à l'ère de la crise écologique ? C'est l'une des questions qui traversent la collection Thalie, conçue par Nathalie Guiot comme un dispositif dynamique, capable d'évoluer en dialogue avec les urgences du présent. Tissée d'expositions, de résidences, de productions et de recherches, la collection devient un outil actif en constant renouvellement, à l'image de l'œuvre Maintenant d'Agnès Thurnauer, où le mot apparaît suspendu dans un ciel nuageux, invitation à s'inscrire dans l'ici et maintenant, à voir l'état du monde et à passer à l'acte.

À l'origine de la collection se trouve le corps, premier territoire d'expérience et de transformation. Les photographies de Francesca Woodman, où le corps est à la fois sujet et instrument de l'œuvre, fondent cette approche. Chez Lynda Benglis, le corps se transforme en geste de résistance matérielle ; chez Rita Ackermann et Alina Szapocznikow, l'ambiguïté s'approfondit entre organe et fleur, résistance et transformation.

De là, le regard s'élargit vers le vivant blessé : les mondes sous-marins de Nicolas Floc'h, les paysages du Catatumbo de Nohemi Pérez, les territoires d'Afrique du Sud d'Asemahle Ntlonti, où la violence humaine laisse des cicatrices que l'art cherche à lire et à réparer.

Car l'écologie ne devrait pas concerner uniquement les milieux extérieurs et les corps qui y évoluent, mais aussi se tourner vers les paysages intérieurs et la psyché. C'est cette écologie du rêve que convoquent Kiki Smith et Karine Rougier, dissolvant les frontières entre humain et non-humain, tandis que Caroline Achaintre et Tincuța Marin ouvrent des mondes habités par des mythes, des rituels et des imaginaires ancestraux.

Ailleurs, c'est le temps qui change d'échelle : les strates géologiques d'Elena Damiani, la lumière lente de Thu-Van Tran, la broderie patiente de Majd Abdel Hamid, symbole de lien et de guérison.

Enfin, les gestes et les savoirs : les briques de terre crue de Natsuko Uchino, l'artisanat transgénérationnel de Sara Ouhaddou, le vêtement-sculpture de Jeanne Vicérial, les fibres de palmier de Catalina Swinburn. 

Ancrée dans les pratiques féministes des années soixante et soixante-dix et projetée vers le présent, la collection Thalie se redessine à chaque acquisition, comme l'aquarelle Dore d'Ulla Von Brandenburg, comme un tissu qui grandit, se transforme et reste vivant. — Yann Chateigné Tytelman

 

 

Lire le texte de Yann Chateigné Tytelman via ce lien.